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vendredi 21 décembre 2012

Les égouts de Los Angeles, supplément

Suite au billet sur le polar de Michael Connelly, j'ai été rechercher sur Google Maps les lieux où le roman se déroule. Voici quelques images.



Il observa, au milieu des collines, la ville en contrebas. Le ciel était couleur de poudre et le smog formait comme un linceul moulant au-dessus de Hollywood. Au loin, quelques rares tours du centre-ville parvenaient à traverser la couche de poison, mais le reste des bâtiments demeurait sous le voile opaque. On aurait dit une cité fantôme. 

Le vent chaud était chargé d'une légère odeur chimique que Bosch finit par identifier.Du mallathion. Ce matin-là, la radio avait annoncé que les hélicoptères à drosophiles avaient passé la nuit à pulvériser de l'insecticide sur toute la région de North Hollywood, jusqu'à Cahenga Pass. Il repensa à son cauchemar et à l'hélicoptère qui refusait de se poser. 

Dans son dos se trouvait l'étendue bleu-vert du réservoir de Hollywood, 220 millions de litres d'eau potable emprisonné par le vénérable barrage construit dans un canyon entre deux collines. Une bande d'argile sèche de deux mètres de large, courant sur toute la longueur de la rive, rappelait que Los Angeles subissait sa quatrième année de sécheresse. En amont du réservoir, un grillage de trois mètres de haut ceignait toute la berge. En arrivant, Bosch avait observé cette clôture en se demandant si elle servait à protéger les gens qui se trouvaient d'un coté, ou bien l'eau de retenue de l'autre coté. 
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Bosch sortit à Barham et s'engagea dans Woodrow Wilson pour monter dans les collines au-dessus de Studio City. Il habitait une petite maison en bois construite en porte à faux: une seule chambre, et à peine plus grande qu'un garage de Beverly Hills. Bâtie au bord de la colline, elle était soutenue au centre par trois pilliers en acier. Pendant les tremblements de terre, l'endroit était effrayant, qui défiait Mère Nature d'ébranler les poutres et de projeter la maison dans la pente comme une luge. Mais la récompense, c'était la vue. De la porte de derrière, Bosch voyait jusqu'à Burbank et Glendale. Il apercevait les montagnes teintées de mauve au-delà de Pasadena et d'Altadena. Parfois, il distinguait les colonnes de fumée et le flamboiement orange des feux de broussaille dans les collines. La nuit, le ronronnement de l'autoroute s'atténuait et les projecteurs d'Universal City balayaient le ciel. En contemplant la Vallée, Bosch ne manquait jamais d'éprouver un sentiment de puissance qu'il était incapable de s'expliquer. P.73

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