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dimanche 1 septembre 2013

La Rivière noire, un polar islandais qui manque de geyser

Myrká (2008) - La Rivière noire / de Arnaldur Indriðason, traduit de l'islandais par Éric Boury.

L'histoire: un meurtre sauvage, un homme baigne dans son sang, chez lui. On apprendra qu'il droguait les femmes avec du Rohypnol et les violait. Qui a voulu se venger ?
Été 2013, Télérama consacre un article
 et un entretien avec Arnaldur Indridason

Le point de vue est centré sur Elinborg, une enquêtrice de la police criminelle de Reykjavík. L'intérêt du roman, c'est le portrait et l'itinéraire de cette femme, comment elle concilie sa vie de mère de famille  et son métier. Elle a un mari garagiste, un ado révolté qui raconte sa vie sur un blog de manière indiscrète       (« Elle avait eu l'impression de fourrer son nez dans les lettres intimes de son fils jusqu'au moment où elle avait compris que n'importe qui pouvait lire ces textes. Elle fut prise de sueurs froides »), une fille surdouée la prunelle de ses yeux, et une passion pour la cuisine, notamment indienne (importance du tandoori dans le roman), qui lui permet de se vider la tête (« Elle s'était essayée à y incorporer quelques plantes aromatiques issues de la flore islandaise en utilisant du thym arctique, des racines d'angélique, des feuilles de pissenlit et du céleri des montagnes»). Tous ces détails de sa vie personnelle vont lui servir dans son enquête. Ils inspireront les intuitions qui lui permettront de savoir ce qui s'est réellement passé chez cet homme. Le romancier excelle à retracer son cheminement vers la résolution de l'enquête. Ce qui ne supprime pas les souffrances, celle du viol, ou de la disparition inexpliqué d'une fille.

Quand vous lisez "polar islandais", ça vous évoque des images d'île volcanique du bout du monde, des paysages aux couleurs singulières, une nature sauvage, un mode de vie, une langue qui n'aurait pas changé sur plusieurs siècles, un peuple de 300 000 lecteurs...
C'est à cause de toutes les images que j'avais dans la tête que ce roman est une relative déception. On ne sent pas l'Islande, on ne la voit pas. Pour donner un exemple, quand James Lee Burke écrit les aventures de Dave Robicheaux, on sent la Louisiane, sa moiteur, ses pluies et ses brumes, le lieu est un personnage à part entière. Là, le roman pourrait se passer en Angleterre ou dans un autre pays nordique.
Bref, c'est un roman policier psychologique plus qu'un polar d'atmosphère. J'ai trouvé que ça manquait de chair. Mais en regardant sur Babelio, je vois que les lecteurs de cet auteur disent qu'il a fait beaucoup mieux, notamment avec son personnage habituel,  Erlendur, qui a même sa page Wikipédia. On lui donnera peut-être une seconde chance. 

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