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jeudi 28 novembre 2013

David Morrell Accès interdit (Creepers)

David Morrell, Accès interdit (Livre de poche). Traduit par Alice Seelow. 
Prix Bram Stoker 2005

Ce thriller est un rottweiler qui t'attrape par le colback et qui ne veut plus te lâcher. Le genre de bouquin tu sursautes la nuit au moindre bruit, tu écartes les rideaux et tu essaies de déchiffrer l'obscurité...Tu ouvres les placards, tu vérifies que les portes sont fermées...Il y a vraiment trop de bruit la nuit dans les maisons. Rien de meilleur que l'immersion prolongée dans un polar captivant. Et les tempes qui résonnent des battements du sang, ça te fait la bande son du film que t'es en train de lire.
Il y a un hôtel perdu, voué à la démolition, dans une ville fantôme. Rues désertes rythmées par le bruit d'un sinistre martèlement métallique. Quatre explorateurs urbains  et un journaliste, Balenger, veulent s'y introduire pour le conserver dans les mémoires. « Nous détruisons le passé et faisons comme s'il n'avait jamais existé. » Ils sont équipés de lampes torches, de bougies, d'allumettes, de piles de rechange, de gants de travail, de couteaux, de corde, d'un rouleaux de chatterton, de talkies-walkies et très important: le pied-de-biche. Une règle essentielle pour ces infiltrateurs: on ne dégrade pas, on ne laisse pas de trace. Pour pénétrer dans l'hôtel Parangon, une seule solution: les égoûts.
Cette nuit, après des années sans la moindre présence humaine, il accueille de nouveaux hôtes : nous.
Le point de vue du  roman est axé sur le journaliste Balenger, le héros, qui va se découvrir peu à peu. On est collé à lui, on le suit de près et on voit les péripéties par ses yeux. On a affaire à du vrai bon thriller, une atmosphère de huis clos dans un lieu qui a un long passé morbide. J'ai beaucoup aimé me laisser mener, emporter après des livres plus difficiles. L'écriture est sèche, efficace. Et l'avantage d'une immersion prolongée dans un tel livre c'est qu'il nous en reste une représentation mentale forte.
Ce vieil hôtel, son chat à trois pattes, son hall vaste et sombre, sa piscine qui contient encore une eau verte où ont poussé des algues. Et ces escaliers qui se déroulent autour d'un puits de lumière qui s'évase en corolle jusqu'en haut de l'édifice. Et ses planchers pourris.
Voilà je n'ai rien dévoilé de toutes les péripéties qui s'enchaînent avec une efficacité imparable, laissant la bouche sèche, le coeur battant. David Morrell, une valeur sûre.

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