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lundi 3 février 2014

Cartographie des nuages

Cartographie des nuages, de David Mitchell. Points Seuil, traduit par Manuel Berri. 

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Je suis entré dans ce livre sans trop savoir où il m'emmenait et je ne suis arrivé nulle part. J'en suis sorti groggy -la profusion des histoires, leur poids historique- et insatisfait - la gratuité de ces fictions.

David Mitchell est un très bon écrivain, c'est même un virtuose. Il sait faire vivre un diariste de 1850, il adopte à la perfection, sous forme épistolaire, le point de vue picaresque d'un jeune musicien de génie qui donne un nouvel élan à un vieux compositeur . Les pieds de nez à la mort de Luisa De Rey constituent les ressorts d'un efficace petit thriller.
Il sait amuser avec le récit à la première personne d'un vieil éditeur malchanceux. Il fait montre d'un énorme talent pour créer le langage parlé d'un ancêtre des temps futurs qui raconte la fin de sa tribu au coin du feu. C'est même mon histoire préférée, sur 100 pages. C'est comme si il nous disait: regardez comme je suis bon, comme je suis capable de tout faire, de brasser tellement d'univers et de registres langagiers différents. Mais quelle est sa raisons profonde d'écrire ?

Ses fictions semblent sorties de nulle-part, elles sont divertissantes et gratuites. Je n'ai pu m'identifier à aucun personnage, aucune phrase ne m'a donné envie de la voler pour la mettre à mon service. Je me suis juste laissé mener par des narrations bien fichues et très bien écrites, on sent qu'il puise son inspiration chez les meilleurs.
J'ai eu le plaisir du mot, du langage recréé, avec les néologismes de son Neandertal du futur: raciner l'esprit, fantômeux, raffuter, esclaver, crétiner, s'indéciser, charabier, charogner, brouillarder, dépustuler les yeux, zigrimpait, fauconnoeiller , et ceux du récit de SF:  se morpher, être faciexfolié, neurotorture, revisager, disneyrium, neurotorture, implémenteur d'âmes.

Mon avis dénote tellement dans le concert de louanges que je suis peut-être passé à coté. J'ai juste l'impression d'avoir lu les 700 pages d'un imitateur de génie qui veut aspirer à l'universel. On devrait lire ce livre comme un recueil de nouvelles, les éléments qui les relient faisant réfléchir le lecteur.
Et puis ce que je déteste ces couvertures qui reproduisent les images du film adapté....
D'autres avis (en général positif) sur Babelio.

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