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mercredi 16 juillet 2014

Piéton du Grand Paris, la Grande Jetée et Nanterre

L'autre jour, à La Défense, repensant au livre Le piéton du Grand Paris, je dirige mes pas vers la Grande Arche, je gravis l'escalier et je prends des photos. Derrière, Nanterre s'étale, et la jetée dont parle l'auteur. Elle a été inaugurée en 1998, je crois que je n'avais jamais prêté attention à son existence. C'est ce que j'aime dans ce genre de livre, on rentre le soir et on relit la description que fait l'auteur, l'Histoire qui précède, on se sent un peu moins bête. Et la qualité principale de Guy-Pierre Chomette, c'est la justesse exprimée dans un style limpide. Je revis le même parcours, par temps de pluie.
Chacune des photos que j'ai pris peut être légendé par un extrait du livre.

Le panorama interdit
Grosse déception: depuis trois ans, alors que 250 000 personnes y grimpaient chaque année, le toit du monument, à 110 mètres du sol, est fermée au public. Un différend dont personne n'a cure oppose la société qui exploitait le toit de l'Arche et l'État, propriétaire du bâtiment. Comment donner à voir le Grand Paris si l'on prive ses usagers et ses visiteurs du meilleur point de vue sur la métropole, si l'on nie l'importance du panorama, la prise en compte de la topographie, l'impact de la perspective et la sensation de contempler les strates de l'histoire urbaine sur l'axe historique ? Sur le parvis, un kiosque désert annonce piteusement: « Visite de la Grande Arche- Vue panoramique ». Rien n'indique que le service n'existe plus. Dépités, les touristes glissent des détritus par la fente à travers laquelle ils s'attendaient à recevoir leur ticket. Les ordures s'accumulent sur le comptoir, la caisse enregistreuse et la chaise, qui sont toujours bien en place. Sur la vitre, des graffitis en plusieurs langues expriment colère et déception. L'un d'eux indique par une flèche la direction de la Jetée, en guise de consolation. p. 102
Enracinée au pied de la Grande Arche, la Jetée, inaugurée en 1998, s'élance vers l'ouest sur 450 mètres de long, à dix mètres au-dessus du vide créé par la fin brutale de l'esplanade de La Défense. Sa structure d'acier couverte d'un plancher en bois tropical enjambe le boulevard Circulaire, surplombe les jardins de l'Arche, domine les cimetières de Neuilly et de Puteaux et emporte les promeneurs dans un survol grandiose du prolongement de l'axe historique entre La Défense et la Seine. p.103
Par son ouverture béante vers l'ouest, la Grande Arche appelle au prolongement de l'axe historique. Au bout de la Jetée où je parviens enfin, la vue est parfaite sur le projet Seine-Arche, immense aménagement urbain qui vise à relier La Défense à la Seine, encore elle, puisque le fleuve revient sur ses pas après avoir viré de bord là-haut, du coté de Gennevilliers. 
Le Nanterre du futur ne doit plus être l'arrière-Défense, dit le maire Patrick Jarry
Décidée en 2000, prévue pour durer 15 ans, cette Opération d'intérêt national recompose une grande partie de Nanterre le long de l'axe historique, matérialisé sur trois km par vingt terrasses de pelouses bordées de bureaux, d'équipements et de logements (dont plus d'un tiers de logements sociaux ), dans des immeubles qui ne dépasseront pas 10 étages.
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J'ai continué la promenade jusqu'à des palissades, puis j'ai rejoint la gare de Nanterre Université, un peu au hasard. 

 Au labyrinthe des venelles boueuses des bidonvilles - Nanterre en a compté plus d'une vingtaine - a succédé un enchevêtrement de d'autoroutes, de voies rapides, de voies ferrées, de rond-points, d'anciennes rues coupées, de palissades qu'il faut longuement longer avant de pouvoir bifurquer, de passerelles provisoires pour sauter les obstacles, de parcours piétons sans cesse modifiés, redessinés au gré des grands travaux qu'un démiurge semble perpétuer à l'infini. 

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