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jeudi 14 août 2014

Inversions de Iain Banks


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Soit un monde qui ressemble à un moyen-âge fantasmé, un décor de fantasy que l'auteur prend plaisir à mettre en place. Soit une doctoresse belle et mystérieuse qui possède des connaissances tellement plus avancées que son époque. Elle vient d'une contrée lointaine, elle s'est exilée, on devine des aventures où son poignard usé a du servir....Soit également un garde du corps, DeWar, au service  d'un roi dit Le Régicide car il a éliminé son prédécesseur. Ces deux êtres qui ne se rencontrent pas dans le roman ont pour point communs d'être les personnes de confiance des deux monarques qu'ils servent, des fortes personnalités, et d'être des étrangers à la cour,  théâtre d'intrigues, de trahisons, leur condition d'étranger faisant souvent d'eux des suspects idéaux.
Chaque chapitre nous présente une situation qui peut être un dialogue à propos des jeux politiques, des conflits, il y a toujours une menace qui rôde et on se demande "que va-t-il arriver" ? Dans cette société, pour connaître la vérité, on fait travailler le bourreau qui va passer à la "question" le suspect, les hommes vont au bordel ou ont un harem, et les animaux ressemblent aux notres mais ont un autre nom.

Ce qui me reste: deux beaux portraits de femmes  observées par des hommes amoureux. C'est d'abord le regard de Oelph, la voix du récit, qui est l'aide du docteur, qui l'espionne pour le compte d'un maître resté dans l'ombre et qui passe par toute une gamme de sentiments, la curiosité devant le comportement libre et atypique de cette femme, l'admiration devant le savoir qu'elle lui apprend par la même occasion et enfin le sentiment amoureux. Et la relation chaste et ambigüe entre DeWar, le garde du corps sans cesse sur le qui vive et Perrund la concubine préférée, l'infirme au passé douloureux...
C'est le premier roman que je lis de Iain Banks et je crois que j'ai eu du mal à m'abandonner à sa façon de mener le lecteur en lui bandant les yeux et en le guidant par la main, éclairant ici une scène, donnant là une information de plus qui s'ajoute aux autres. Il faut être patient devant cette construction savante. Banks reste fidèle à son point de vue unique, la voix du récit, qui explique dans l'épilogue combien il est difficile d'être sûr de quelque chose, que cela concerne le passé, le présent ou le futur. Et j'ai aimé le coté science-fiction en creux: le fait que les étranges pouvoirs de Vosill ne soient pas expliqués ni même montrés d'ailleurs mais suggèrent qu'elle vienne d'ailleurs.

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