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jeudi 9 octobre 2014

Modiano prix Nobel, ça fait drôle !

17 ans, le premier Modiano

En général je ne surfe pas sur l'actualité (faux-cul !!) mais là, ça fait tout drôle.
En ouvrant les actualités sur internet, j'apprends que Patrick Modiano a eu le Prix Nobel.
Mes deux billets sur l'auteur:

  1. L'Herbe des nuits   ( avec un peu d'ironie tout de même vers le milieu du billet)
  2. Dimanche d'août (une relecture, en août 2013)


Sentiment bizarre: c'est comme si votre voisin d'en face, cet homme pas très bavard qu'on salue tous les jours, était tout d'un coup honoré, élu, changeait de dimension pour devenir quelqu'un d'autre. Ça dit bien l'étrange familiarité qui peut se développer entre un lecteur et un auteur dont on a quasiment tout lu. Les romans de Modiano ont la brièveté de ceux de Simenon, le même sens de l'atmosphère, sans l'atmosphère glauque des romans durs.

En effet, Modiano, c'est agréable à lire. Et on ne va pas bouder son plaisir. Je crois que cela explique cette curieuse unanimité au-moment de l'annonce de son prix, la grande récompense inattendue. Chacun a son Modiano, et on sent l'envie de prendre une part à ce succès ou de moquer son excès (quelques persiflages sur Twitter, vite balayés par d'autres persiflages...)

Mise à jour : je suis en train de lire L'ange gardien (billet suivant) de Jérôme Leroy et sur son blog, je tombe sur ce billet Le Nobel ne s'est pas perdu dans le quartier et je lui pique cette phrase qui dit tout du plaisir de le lire: « Modiano va bien avec la mélancolie d’un dimanche d’automne au goût de noix et de chinon quand on interrompt sa lecture seulement pour jeter un œil par la fenêtre sur une avenue déserte bordée d’immeubles Haussmann avec les feuilles des peupliers qui  commencent à tomber dans les contre-allées. »

Je ressors un vieux cahier où je notais au stylo bille les livres lus. Le premier de Modiano, c'est La Place de l'étoile, en 1990. Ensuite, viennent Les Boulevards de ceinture et d'autres, tout au long de ces années formatrices pour un lecteur.
Si vous n'avez jamais lu Modiano, conseils en vrac:
Voyage de noce, un roman lu et relu, qui me hante.
Idem, De si braves garçons.
L'émotion à fleur de peau: Dora Bruder.
 Julien Gracq disait de Villa triste (En lisant, en écrivant (1991)):
« Jardins publics de Vevey, de Montreux, au bord du Léman, leurs bancs de peinture blanche si proprets sur l'herbe verte, leurs grappes de retraités, assis les coudes aux genoux, si immobilesqu'ils semblent déjà tenir leur obole entre leurs dents, la noria lente des vieux petits vapeurs à aubes, aux couleurs d'ambulance, qui sans trêve, à chaque embarcadère, passent silencieusement charger des ombres. J'ai retrouvé dans un bref récit de Patrick Modiano, qui s'intitule Villa Triste, ce climat recueilli et paisible de deuil blanc- ces mails frais râtissés chaque matin de leurs feuilles mortes, ces tilleuls, ces hôtels en crème fouettée: Bellerive ou Beaurivage, au ras de l'eau plate contre le mur glauque de la montagne, ces bourgades thermales fantômes de l'automne où les passants semblent à la fois plus légers et moins bruyants qu'ailleurs. Et c'est un beau livre. »
Rares sont les auteurs contemporains français à avoir bénéficié de l'admiration de l'ermite de St Florent Le Vieil...


- Blog sur Modiano: le Réseau Modiano

Prix Nobel, quel intérêt ? Pour nous, francophones convaincu, aucun. Mais ce prix va faire découvrir Modiano, écrivain très français, hanté par Paris et l'Occupation, et son enfance, aux lecteurs étrangers. Voici ce qu'en dit Brian A. Oard, blogueur littéraire américain:
Succédant à Le Clezio: le prix Nobel 2014 de littérature.
Ce matin, l'Académie Suédoise a donné le prix Nobel de littérature à l'écrivain français Patrick Modiano, un auteur reconnu en France et très peu lu en dehors. Seule une poignée de ses livres est disponible en anglais, donc cette récompense va avoir le résultat très positif d'encourager les éditeurs à le traduire. Je n'ai jamais lu Modiano, mais les commentaires sur son oeuvre m'ont intrigué et je me prépare à une bonne surprise. 
Bien sûr, d'une certaine manière, ce n'est pas un choix audacieux ou subversif, mais cela n'a jamais été le but du Nobel...

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